Ecrire "On reconstitue quelque chose. On essaie de rassembler, on est comme un archéologue, qui essaie de reconstituer une histoire fabuleuse." Georges Pérec

Marcel Arland. Photographie  extraite du site devoirdephilosophie.com
Marcel Arland. Photographie extraite du site devoirdephilosophie.com

Pour quelques sentimentaux, dont je suis, un beau, un vrai paysage ne souffre guère de rivalité, fût-ce parmi les livres les plus denses et les plus exquis. Parfois même, c'est à peine s'il vous permet d'écrire. Un de mes amis se fit jadis construire une maison sur l'une des falaises qui dominent la Seine. On ne pouvait choisir, à cinq lieues de Paris, un paysage plus admirable : toute une boucle du fleuve, et des prairies, et des bois immenses _ mais un paysage si plein et si émouvant que mon ami, pour ne plus le voir, pour travailler en paix, dut faire réduire la fenêtre de son bureau. Marcel Arland, De Paris à Lausanne, Lettres de France.

Evoque-t-il un correcteur, un peintre, un libraire, un poète ou un éditeur, Amaury Nauroy le fait avec le même soin d’exécution, la même richesse du vocabulaire, une profusion de rencontres, de détails sur leur vie. Suffisamment présent lui-même pour que l’on sente cette présence aimante autour du sujet qu’il aborde : Jacques Chessex, Philippe Jacottet, Henry-Louis Mermod, C.F. Ramuz… L’auteur dont le nom commence magnifiquement avec Rondes de nuit, témoigne de sa relation aux uns et aux autres, amis ou famille, qui forment cette tribu poétique, semblant y trouver son vrai bonheur, sa vraie raison d’être. Mais c’est une présence qui ne passe rien, des vices, des tics, des affaiblissements dus au grand âge qui vous emportent un homme, un astre, en un rien de temps et le passe de sa table à trépas. De là bientôt dans l’oubli mais où quelque chose comme une légende tenace justifie qu’un jeune homme se donne mission de l’en sortir, se plonge tout entier dans son enquête car il reste toujours cette aura, cette mystérieuse vibration d’une vie, la persistance du souvenir et de l’œuvre non moins.

 

 

Amaury Nauroy soutient le projet « Arland au Montcel » qui vise à rendre un hommage à Marcel Arland dans le Domaine du Montcel lorsqu’il réouvrira.

 

 

 

 

Un flou modianesque qui n'est pas pour déplaire à Didier Saillier, l’un des visiteurs du récent Salon du Livre-Exposition à Jouy-en-Josas et l’un des signataires de l’appel à honorer la mémoire de Marcel Arland au Domaine du Montcel.

 

La liste complète des signataires est à découvrir dans la rubrique Quelques actualités.

Retour sur la préparation d'une conférence 

pour la Médiathèque de Toussus-le-Noble

 

Cercle nautique de Versailles, un samedi, ça devrait être ouvert, il n’y a personne à l’accueil, un rameur, la quarantaine, rentre un bateau, nous rappellerons si nous trouvons un numéro de téléphone. La seule personne présente nous dit que nous trouverons quelqu’un pour nous renseigner à l’embarcadère, vêtue d’un haut orange. Je m’attarde sur quelques articles de presse, certains sont signés d’Emmanuel Fèvre, journaliste local. L’article retrace une compétition dont les vainqueurs sont Thomas Baroukh avec un co-équipier. Je n’ai pas retenu le nom de la paire, seulement celui de ce Monsieur Baroukh. Une Madame Baroukh apparaît également sur la liste de noms des  membres du club. Dans le parc du château, une voiture Twizy avec une portière ouverte à la verticale, une vraie libellule ! Une jeune femme qui court dans les allées m’évoque le Rallye des gazelles, les trajectoires des bateaux sur le Grand Canal, tout est légèreté ce matin. Nous ne sommes pas loin du Grand Trianon. Le cuisinier du Restaurant La Petite Venise sort avec un tablier vieux de trois jours de travail. Nous quittons le Cercle nautique et entrons dans un magasin de souvenirs. Ce n’est pas tout à fait l’heure de l’ouverture, la demoiselle de boutique qui a un fort accent étranger semble embêtée pour nous ouvrir avant l’heure. Elle a cette réponse étrange : _ Je ne sais pas comment ça se passe en droit en France. Le banc devant est parfait pour attendre en se chauffant au soleil d’autant qu’on entend la musique jouée pour les Grandes Eaux. La demoiselle installe quelques articles sur un chariot à l’extérieur, finit par sortir ses clés et ouvre. Cartes postales, senteurs royales, articles de jardinage et un coin librairie. Plusieurs livres sur Marie-Antoinette dont celui d’Antonia Fraser, des Dictionnaires amoureux du jardin et du château, respectivement d’Alain Baraton et de Franck Ferrand, nous sommes bien à Versailles. S’il y a un essai de Stefan Zweig sur la Reine Marie-Antoinette, en revanche je ne vois pas sa pièce : Le chandelier enterré. Ce titre me fait penser à la Shoah. Il y a deux jours, c’était la commémoration (Yom Hachoa). J’imagine notre guide, Xavier, stoppé par la sirène au moment de porter un café ou une cigarette à la bouche. Impossible pour lui de faire autrement. Suspendu, comme un personnage d’Edward Hopper. Un supplice. 

 

 Lire sa suite dans la rubrique Rencontres & Partenaires

 

Citation rapportée par Jean-Luc Aubarbier,

libraire à Sarlat et chroniqueur littéraire pour L'Essor Sarladais

 

« Si on demeure longtemps au même endroit, qu’on s’intéresse aux gens qui vivent, à l’architecture, à l’histoire, aux inter-actions entre familles et voisins, on accède à un niveau de connaissance du lieu profond et passionnant […] » 

 

Jérusalem d'Alan moore

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